Cliquer sur une publicité dans ChatGPT ne vous enverra bientôt plus sur un site web. À la place, une conversation s’ouvre. Pas avec un humain, avec un « Business Agent » : un chatbot que la marque a configuré avec ses propres infos, ses tarifs, ses réponses toutes prêtes aux questions les plus fréquentes de ses clients.
OpenAI vient d’ajouter ce format à son gestionnaire de publicités, repéré dans l’interface par plusieurs annonceurs. Et le principe change tout par rapport à la pub classique. Google ou Meta vous envoient vers une page. Là, vous restez dans ChatGPT, et vous discutez avec l’entreprise comme vous discuteriez avec l’assistant. Pour préparer ce robot, OpenAI aspire le site de l’annonceur, en extrait les questions courantes, les infos de support et le contexte général, puis fabrique un profil que l’agent utilisera pour vous répondre.
C’est l’aboutissement d’un virage entamé en février, quand OpenAI a commencé à glisser des placements sponsorisés dans les réponses. En mai, la plateforme est passée en self-service : n’importe quel annonceur peut créer une campagne, sans le ticket d’entrée à 50 000 dollars qui existait au début. Depuis juillet, on peut fixer un budget, gérer ses enchères, suivre les conversions et cibler par zone géographique aux États-Unis.
Pour apprivoiser l’assistant avant qu’il ne se mette à vous servir des pubs, ce best-seller d’initiation fait le tour de la question :
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Le ciblage ne marche pas par mots-clés, comme chez Google, mais par contexte. L’annonceur décrit les situations où sa pub a du sens, et le système décide si votre conversation colle au tableau. Les annonces apparaissent à part, jamais dans la réponse elle-même, promet OpenAI, qui jure aussi qu’elles n’influencent pas ce que le modèle vous raconte. Autre garde-fou : pas de pub sur les sujets sensibles, santé, détresse émotionnelle, activités illégales. Et si la personnalisation vous gêne, un réglage permet de la couper pour ne recevoir que des pubs liées au sujet du moment, pas à vos anciennes discussions.
Reste que les premiers retours sont tièdes. Une startup, Launch10, a mesuré un taux de clic plus bas que sur Google. Les annonceurs se plaignent d’avoir bien moins de contrôle qu’ailleurs, sans rapport détaillé prompt par prompt. Speechify, de son côté, dit avoir décroché de nouveaux clients grâce à ces placements.
Derrière tout ça, il y a un besoin d’argent colossal. OpenAI vise 2,4 milliards de dollars de revenus cette année, alors que le cabinet eMarketer table sur moins d’un milliard pour toute la pub des chatbots aux États-Unis en 2026. L’assistant à qui vous confiez vos questions devient un panneau publicitaire. Il fallait bien que ça arrive un jour.
Crédit photo : Wikimedia Commons
