Elon Musk vient de franchir une étape qu’il promet depuis des années. Depuis lundi, X a ouvert X Money à tous ses abonnés payants aux États-Unis, après un test réservé à une poignée d’utilisateurs depuis fin juin. Ce n’est plus le petit virement entre potes. C’est un vrai compte.
Dans les faits, un abonné Premium ou Premium+ peut désormais garder de l’argent dans un portefeuille X, s’envoyer des sommes d’un compte à l’autre sans frais, régler ses factures, faire des virements bancaires classiques et même se faire expédier un chèque papier. Il y a une carte de débit Visa, physique et numérique, compatible Apple Pay. Et le salaire peut tomber directement sur le compte X.
Là où ça devient sérieux, c’est le taux. X annonce jusqu’à 6% de rendement annuel sur l’argent déposé. Pour comparer, un bon compte d’épargne américain plafonne autour de 4 à 5%, et les banques traditionnelles tournent près de zéro. S’ajoutent jusqu’à 3% de remboursement sur certains achats. Les dépôts sont logés chez Cross River Bank, un établissement du New Jersey, et assurés par le régulateur américain jusqu’à 250 000 dollars.
Pour comprendre l’obsession de Musk pour son « everything app », la biographie de référence de Walter Isaacson retrace tout son parcours, de PayPal à X.
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Musk ne cache pas son plan. Il veut faire de X une « everything app », sur le modèle de WeChat en Chine, où messagerie, boutique et paiement cohabitent dans une seule appli. Rien de nouveau chez lui, d’ailleurs. Il avait fondé X.com en 1999, justement comme un service financier, avant que la société ne fusionne avec ce qui allait devenir PayPal. La boucle est bouclée, en quelque sorte.
Tout le monde n’applaudit pas pour autant. La sénatrice Elizabeth Warren s’était inquiétée dès avril de la soutenabilité d’un rendement pareil, et avait rappelé que Cross River avait déjà eu maille à partir avec le régulateur sur ses pratiques de crédit. Promettre 6%, c’est facile. Les tenir dans la durée, c’est autre chose.
Et chez nous ? Rien, pour l’instant. X Money reste cantonné aux États-Unis, et l’Europe est un tout autre terrain. Pour proposer un compte et un tel rendement, il faut un agrément d’établissement de crédit et se plier à la réglementation bancaire européenne, autrement plus tatillonne. Autant dire que ce n’est pas pour demain. En attendant, on regarde les Américains servir de cobayes à la banque version Musk.
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