L’oiseau bleu est de retour, et il n’appartient plus à Elon Musk. Une startup américaine installée en Virginie, Operation Bluebird, vient d’ouvrir l’accès anticipé à un réseau social baptisé Twitter.now. On y retrouve le fameux volatile, le mot tweet, les réponses, les retweets et toute l’identité visuelle qu’on croyait enterrée depuis le passage à X.
L’histoire tient sur un pari juridique assez culotté. Quand Musk a rebaptisé Twitter en X en 2023, il a laissé de côté le nom, le logo et le verbe tweeter. Operation Bluebird estime que tout ça a été purement et simplement abandonné, et a donc déposé les marques à son nom auprès du bureau américain des brevets. Un des cofondateurs, Stephen Coates, connaît d’ailleurs bien le sujet : il a travaillé sur les marques du Twitter d’origine.
X, forcément, ne l’entend pas de cette oreille et a porté plainte dès décembre pour bloquer l’opération. Sauf que voilà, en avril, un juge fédéral a laissé entendre à l’audience que X paraissait bel et bien avoir lâché ses droits sur le mot tweet et sur l’oiseau, avec la porte entrouverte pour le nom Twitter lui-même. Rien n’est encore gravé dans le marbre, aucune décision écrite définitive n’est tombée, mais l’audace commence à ressembler à un vrai coup de billard.
Pour comprendre comment Twitter est devenu X, la biographie de référence signée Walter Isaacson revient en détail sur le rachat et ses coulisses.
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Pour l’instant, on parle de quelques centaines d’utilisateurs seulement, et l’entrée est payante. Comptez 20 dollars minimum pour décrocher le statut Founder, avec un badge numéroté à partir du 00001 et la réservation de votre pseudo. Ceux qui veulent mettre 40 dollars ou plus deviennent Fighter et financent au passage les frais d’avocats. Une manière de transformer les premiers curieux en soutiens de la bataille judiciaire.
Côté modération, Twitter.now mise sur un outil maison appelé Vera, qui s’appuie sur l’IA Gemini de Google pour noter la fiabilité des publications, vérifier les affirmations et donner du contexte. Plutôt que de supprimer les messages douteux, un curseur baptisé Trust Dial permet de masquer ce qui passe sous le seuil de confiance que vous fixez. L’idée est plutôt maligne, reste à voir ce que ça donne quand des millions de messages débarquent, si tant est qu’ils débarquent un jour. Pour l’instant, l’oiseau bleu chante surtout devant les tribunaux.
Crédit photo : Operation Bluebird / Twitter.now
