xAI vient de pousser une grosse mise à jour de Grok Imagine, son générateur de vidéos par IA logé dans X. Depuis début août, l’outil sort de la 1080p, sait cloner une voix pour la garder identique d’un bout à l’autre de la séquence, et accepte jusqu’à sept images de référence pour verrouiller un décor ou un personnage d’un plan à l’autre. Les clips vont de 6 à 30 secondes.
Pour situer, Grok Imagine, c’est la brique créative de l’assistant maison d’Elon Musk. Vous décrivez une scène, ou vous partez d’une photo, et Grok l’anime. Lancé en août 2025, arrivé en version 1.0 en février, il se pose désormais en face de Sora chez OpenAI, de Veo côté Google et des chinois Kling et Seedance. La course à la vidéo réaliste va vite. Très vite.
Sauf que voilà, Grok traîne une casserole. En janvier, son mode Spicy, celui qui débride la génération de contenus pour adultes, a servi à fabriquer des deepfakes non consentis de vraies personnes, dont des figures publiques. Le procureur général de Californie et l’Ofcom au Royaume-Uni ont ouvert des enquêtes. La Commission irlandaise de protection des données, elle, a lancé une procédure au titre du RGPD, ce qui concerne directement l’Europe.
Envie de comprendre comment l’IA fabrique du faux crédible ? Ce livre fait le tour de la question.
Deepfake : L’IA au service du faux (Olivier Lascar) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
xAI a réagi dans l’urgence. Le 9 janvier, la génération d’images est passée derrière un paywall, fini pour les comptes gratuits. Le 15, l’entreprise a coupé la possibilité de retoucher ou de rhabiller la photo d’une personne réelle, et cantonné le fameux toggle Spicy aux personnages fictifs. Aujourd’hui, pour toucher à ces fonctions, il faut un abonnement SuperGrok à une trentaine de dollars par mois, ou X Premium+ autour de quarante, plus une vérification d’âge.
En France et dans plusieurs pays de l’UE, une partie de ces options reste d’ailleurs géobloquée, tout comme en Malaisie ou en Indonésie, à cause des règles locales sur la sécurité en ligne. La version musclée que montre X n’est donc pas forcément celle que vous verrez depuis Paris.
Le progrès technique est réel, personne ne le nie. Sept images de référence pour tenir un personnage, une voix stable sur trente secondes, c’était de la science-fiction il y a deux ans. Le problème, c’est que ces mêmes outils rendent le faux de plus en plus crédible, au moment précis où l’Europe tente d’imposer un cadre. Grok fonce sur la technique. Sur la confiance, il a encore pas mal de retard à rattraper.
Crédit photo : xAI / Wikimedia Commons (Xheea, CC BY-SA 4.0)
