Depuis que X Corp. a rebaptisé Twitter en X à l’été 2023, le mot « tweet », le fameux oiseau bleu et le nom d’origine dormaient dans un tiroir. Une start-up américaine, Operation Bluebird, a décidé de tout récupérer.
À sa tête, Stephen Coates, un avocat spécialisé dans les marques qui a justement travaillé pour Twitter. Son raisonnement est simple. En abandonnant l’oiseau, le nom et le vocabulaire maison, Elon Musk aurait renoncé à ces marques, désormais libres de réutilisation. Dès 2025, la société a déposé une requête auprès de l’office américain des brevets pour faire annuler les marques « Twitter » et « Tweet ».
Le service a d’abord vu le jour sous le nom twitter.now, avant d’être rebaptisé Tweet.app ce mois-ci, avec le petit oiseau bien en évidence. L’accès anticipé se paie 20 dollars, et le réseau se présente non pas comme une copie du Twitter d’antan, mais comme « une place publique organisée autour de la confiance, de la transparence et du choix de l’utilisateur ».
Pour comprendre l’homme qui a rebaptisé Twitter et déclenché toute cette bataille de marque, la biographie de référence signée Walter Isaacson.
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La vraie originalité tient dans un outil baptisé VERA. Ce système d’intelligence artificielle passe chaque message au crible. Il vérifie les affirmations, ajoute des sources et du contexte, puis attribue une sorte de note de fiabilité. Chacun peut ensuite régler un seuil et masquer les publications qui passent en dessous. Pour tester la bête, Coates s’est amusé à publier des énormités du genre « George Washington était notre deuxième président », histoire de voir si VERA mordait à l’hameçon.
Sauf que voilà, Elon Musk ne l’entend pas de cette oreille. X Corp. a attaqué Operation Bluebird en justice fin 2025 pour bloquer le projet, estimant que le nom « Twitter » et l’oiseau restent associés à l’entreprise dans l’esprit du public. Début septembre, le juge fédéral Colm Connolly a tranché, à moitié. Interdiction d’utiliser le nom « Twitter », jugé trop source de confusion. Mais feu vert pour le mot « tweet » et pour le logo à l’oiseau, que X a bel et bien laissé filer en changeant d’identité. D’où le repli sur Tweet.app.
Le pari n’a rien d’absurde. Avant même le lancement, et sans le moindre euro de publicité, plus de 172 000 personnes avaient déjà réservé leur pseudo. Reste que faire cohabiter un oiseau bleu ultra reconnaissable avec un procès toujours ouvert, ça demande des nerfs solides. Musk n’a pas franchement l’habitude de laisser filer ce qui lui appartient, même ce dont il ne voulait plus.
Crédit photo : Twitter / Wikimedia Commons
