27 juillet 2026

Licenciements chez Twitter : la justice américaine se penche sur les femmes écartées

Quand Elon Musk a racheté Twitter fin 2022, la purge a été brutale. Sur environ 7 500 salariés, plusieurs milliers ont été remerciés en quelques semaines, parfois par un simple e-mail reçu en pleine nuit. Près d’un an plus tard, l’addition judiciaire commence à tomber, et certaines des personnes licenciées estiment ne pas avoir été toutes logées à la même enseigne.

Deux anciennes salariées ont porté l’affaire devant un tribunal fédéral de San Francisco, sous la forme d’un recours collectif. Leur accusation est précise : les vagues de licenciements auraient touché les femmes de manière disproportionnée, en violation des lois fédérales et californiennes qui interdisent toute discrimination liée au sexe dans le monde du travail. À l’appui de leur plainte, elles avancent des chiffres parlants. Environ 57 % des salariées auraient perdu leur poste, contre 47 % des hommes. L’écart se creuse encore davantage chez les ingénieurs, métiers techniques et historiquement masculins, où près de 63 % des femmes auraient été écartées contre 48 % de leurs collègues masculins.

La défense de l’entreprise est connue d’avance. Quand on supprime la moitié des effectifs en un temps record, les statistiques peuvent faire apparaître des écarts sans qu’il y ait nécessairement d’intention de nuire à un groupe en particulier. C’est tout l’enjeu de ce type de procès : il faudra démontrer que les disparités constatées ne relèvent pas du hasard d’une coupe massive, mais bien d’un traitement défavorable réservé aux femmes. Un exercice juridique compliqué, qui repose largement sur des analyses statistiques et sur la manière dont les décisions ont été prises en interne.

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Cette plainte n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Le rachat de Twitter par Musk a déclenché une cascade de poursuites de la part d’anciens employés. Certains réclament les indemnités de licenciement qu’ils estiment ne jamais avoir touchées. D’autres dénoncent une discrimination liée à l’âge, en affirmant que les salariés les plus expérimentés ont été massivement remerciés. Plusieurs anciennes employées ont aussi pointé du doigt des licenciements survenus juste avant ou juste après un congé parental ou un arrêt maladie. La justice américaine a d’ailleurs laissé prospérer une partie de ces dossiers, refusant de les classer sans suite.

Au-delà du cas Twitter, devenu X entre-temps, l’affaire pose une question plus large. Une restructuration brutale, présentée comme une simple décision économique, peut-elle servir de paravent à des choix discriminatoires ? Les entreprises de la tech, championnes des coupes claires depuis 2022, ont tout intérêt à suivre ces procédures de près. Car si les plaignantes obtiennent gain de cause, le message envoyé serait clair : licencier vite et fort ne dispense pas de respecter les règles, et les statistiques d’un plan social peuvent parfaitement se retrouver au cœur d’un procès. Le feuilleton judiciaire de Twitter, lui, est encore loin d’être terminé.

Crédit photo : DR

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