L’histoire a un côté rocambolesque. Une petite société américaine, Operation Bluebird, a relancé fin août un réseau social bâti sur tout ce qu’Elon Musk avait jeté à la poubelle en 2023 quand il a transformé Twitter en X : le nom, le mot tweet et le fameux petit oiseau bleu. Baptisé Twitter.now au lancement, le site vient déjà de changer de nom.
Derrière le projet, on trouve Stephen Coates, un ancien avocat spécialisé dans les marques… qui bossait justement pour Twitter. Son pari : en misant tout sur la lettre X, la société de Musk aurait laissé filer ces droits. Donc à ramasser.
X a évidemment attaqué en justice, et le 4 septembre le juge fédéral Colm Connolly, dans le Delaware, a tranché en partie. Résultat : X conserve bien le nom Twitter, protégé par une injonction préliminaire portant sur huit marques liées. Par contre, le magistrat a estimé que l’entreprise avait probablement abandonné le mot tweet et le logo de l’oiseau, et a refusé de les protéger.
La startup a donc encaissé, puis rebondi. Exit Twitter.now, le réseau s’appelle désormais Tweet.app et garde le petit volatile, redessiné avec des plumes ébouriffées, façon phénix qui renaît de ses cendres. Petit clin d’œil aux nostalgiques : la page d’erreur ressuscite la baleine de l’ancien Twitter, celle qui s’affichait quand le site tombait en panne.
Pour comprendre pourquoi Musk a envoye le nom Twitter et l’oiseau bleu a la poubelle, la biographie de reference signee Walter Isaacson revient en detail sur le rachat et la mue en X.
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Le succès de curiosité est réel. Avant même l’ouverture, plus de 172 000 personnes avaient réservé leur pseudo. L’accès reste payant : comptez 20 dollars pour bloquer un identifiant et entrer sur le réseau. On y retrouve les codes d’antan, avec des messages, des réponses et des partages qui rappellent furieusement le Twitter d’avant Musk.
La vraie originalité est ailleurs. Chaque publication passe à la moulinette d’un outil maison appelé VERA, un vérificateur automatique adossé au modèle Gemini de Google. Il analyse ce que vous écrivez, va chercher la source des affirmations, ajoute du contexte et colle un score de confiance. Vous pouvez même régler un seuil pour masquer d’office les messages jugés peu fiables.
L’idée d’un fil purgé de ses intox a de quoi séduire, surtout au moment où X mise tout sur la liberté totale et où la désinformation prospère. Reste que confier la vérité à une IA maison n’a rien d’anodin. Mais bon, voir l’oiseau bleu ressortir du placard pour narguer Musk, ça ne manque pas de sel.
Crédit photo : Tweet.app
