22 septembre 2026
Logo de X (ex-Twitter) sur fond noir

X vous dit maintenant quand un gouvernement a fait baisser la portée de vos posts

Vous publiez, et d’un coup plus personne ne vous lit. Longtemps, sur X, impossible de savoir pourquoi votre audience s’évaporait dans tel ou tel pays. C’est justement ce trou noir que le réseau d’Elon Musk vient de combler.

Depuis le 19 septembre, X étend un outil baptisé « Under the Hood », lancé discrètement en août. Le principe est clair. L’outil vous dit désormais quand la visibilité de votre compte ou de vos messages a été réduite parce que la plateforme s’est pliée à une loi locale ou à une demande officielle. Et surtout, il précise le pays qui a formulé la requête.

Concrètement, ça se passe dans les réglages de l’application. Vous téléchargez un fichier au format JSON qui liste les étiquettes appliquées à votre compte, les posts du mois écoulé qui ont été rétrogradés, ceux qui ont carrément été retirés sur ordre légal, et la juridiction concernée. X insiste sur un point : une restriction demandée par un pays ne s’applique que dans ce pays, pas ailleurs. Voilà de quoi distinguer une censure encadrée par la loi d’un simple shadowban maison, ce fameux bridage silencieux qui n’a jamais dit son nom.

Pour y accéder, deux conditions. Un compte qui existe depuis plus d’un an, et au moins dix publications sur le mois précédent. Rien d’insurmontable, mais ça écarte les comptes fraîchement créés et les profils dormants.

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Le JSON, soyons honnêtes, n’est pas franchement digeste pour le commun des mortels. X suggère d’ailleurs de le faire décortiquer par un chatbot IA si les lignes de code vous donnent le tournis. C’est un peu paradoxal pour un geste censé rendre les choses plus lisibles, mais l’info brute est là, et c’est déjà beaucoup plus que ce que proposent les rapports de transparence habituels, toujours agrégés et anonymisés.

Reste une zone grise que les défenseurs de la liberté d’expression pointent déjà. Ces demandes gouvernementales invoquent presque toujours le discours de haine ou le contenu terroriste. Sauf que certains régimes s’en servent aussi pour faire taire les voix qui dérangent, sous couvert de légalité. Montrer le pays demandeur, c’est bien. Ça ne dit pas encore si la demande était légitime.

Pour un internaute lambda qui poste des mèmes, l’outil ne changera pas grand-chose. Pour un militant ou un journaliste dont les messages disparaissent d’une région à l’autre, c’est une petite fenêtre ouverte sur une mécanique qui restait jusqu’ici totalement opaque.

Crédit photo : Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

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