1 octobre 2026
Illustration de smartphones diffusant des likes et des messages aux couleurs bleu blanc rouge, évoquant la campagne présidentielle sur les réseaux sociaux
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Sur vos réseaux, la présidentielle 2027 a déjà pris quatre fois plus de place qu’en 2022

Vous l’avez sans doute senti dans votre fil. La campagne n’a pas attendu l’année électorale pour s’installer partout. Selon Visibrain, une plateforme française qui scrute en continu ce qui se publie sur les réseaux sociaux, plus de 6,4 millions de messages liés à la présidentielle ont été postés depuis le 1er septembre. Soit environ 216 000 publications par jour. C’est quatre fois plus qu’à la même période avant le scrutin de 2022.

L’étude, publiée ce 1er octobre, passe au crible Facebook, Instagram, LinkedIn, X et Bluesky. Et le portrait qui en ressort a de quoi surprendre, parce qu’un nom écrase tous les autres.

Jean-Luc Mélenchon. Le fondateur de La France insoumise cumule 1,2 million de mentions sur le seul mois de septembre. Marine Le Pen suit, avec 60 % de citations en moins. Gabriel Attal ferme ce trio de tête, avec environ deux fois moins de mentions que Mélenchon. Autrement dit, le match des réseaux n’a pas grand-chose à voir, pour l’instant, avec celui des sondages classiques.

C’est sur TikTok que l’écart se creuse vraiment. Mélenchon y a récolté 2,1 millions de « likes » en septembre. Le Pen plafonne à un peu plus de 790 000, Attal à près de 550 000. Derrière, Éric Zemmour et Marine Tondelier tournent autour des 300 000. Le réseau chinois, longtemps vu comme un terrain de danses et de blagues, est devenu une vraie arène politique, et la gauche radicale y a pris une longueur d’avance.

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Chaque camp a d’ailleurs ses habitudes de plateforme. LinkedIn attire plutôt Édouard Philippe, Nicolas Dupont-Aignan ou Marine Tondelier, qui y soignent une image sérieuse. Florian Philippot, lui, carbure à Facebook. Et Telegram, plus discret, reste le repaire des extrêmes, de droite comme de gauche.

Pourquoi un tel emballement aussi tôt ? Visibrain pointe plusieurs déclencheurs : la multiplication des sondages précoces, le résultat de l’AfD en Allemagne, le lancement de campagne de Marine Le Pen le 13 septembre, le discours d’Emmanuel Macron le 18, et les révélations de Mediapart visant Jordan Bardella.

Reste une question que ces chiffres ne tranchent pas. Dominer les « likes » et les mentions, ce n’est pas remporter une élection, on l’a déjà vu. Mais quand la bataille démarre deux ans avant l’heure et quatre fois plus fort, difficile de faire comme si ça ne comptait pas.

Crédit photo : Illustration générée par IA

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