Sur Wikipédia, environ 15 à 16 % des nouveaux articles et brouillons en anglais ont été repérés comme générés par une intelligence artificielle au début 2026. C’était plutôt 20 % fin 2025, donc la tendance recule un peu, mais le chiffre reste énorme pour une encyclopédie qui tient entièrement sur des bénévoles.
Ces bénévoles, justement, se sont organisés. Un groupe baptisé WikiProject AI Cleanup existe depuis 2023 et passe ses journées à débusquer le texte recraché par ChatGPT et consorts. Leur hantise, ce ne sont pas les maladresses de style, c’est bien pire : des sources carrément inventées, mal comprises, ou qui ne disent pas du tout ce qu’on leur fait dire. Sur une encyclopédie, c’est le genre de détail qui ruine la confiance.
Depuis mars 2026, la règle est nette : interdiction d’utiliser un modèle de langage pour écrire ou réécrire un article. On tolère la traduction et quelques corrections de base, point. Et quand une page est visiblement sortie d’une IA de bout en bout, les contributeurs peuvent la passer en suppression rapide, sans le long débat habituel.
Pour saisir ce que ces modèles savent vraiment faire, et inventer, ce petit guide clair fait le tour de la question :
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Problème, repérer une IA devient un vrai casse-tête. Wikipédia tient une liste des tics d’écriture typiques des chatbots, mais elle reconnaît elle-même que, depuis l’été 2026, une bonne partie de ces indices ne marche plus avec les modèles récents. Les études sont d’ailleurs cruelles : un humain lambda ne fait guère mieux que le hasard quand il s’agit de distinguer un texte d’IA d’un vrai.
Un autre front s’est ouvert en parallèle, et celui-là n’a rien à voir avec l’IA. L’animatrice britannique Sandi Toksvig s’est associée à des universitaires de Cambridge pour monter une encyclopédie concurrente. Son reproche à Wikipédia : trop peu de femmes dans ses pages, et des biographies féminines supprimées un peu vite, héritage d’une communauté de rédacteurs historiquement très masculine.
Au fond, les deux histoires racontent la même chose. Wikipédia reste le réflexe de millions de gens dès qu’ils cherchent une info, mais sa fiabilité dépend entièrement de qui l’écrit. Hier c’était une poignée de passionnés, aujourd’hui ce sont aussi des machines qui recrachent des sources fantômes. Si vous copiez-collez une info trouvée là-bas sans la vérifier, ça n’a peut-être jamais été aussi risqué qu’en ce moment.
Crédit photo : Wikimedia Foundation
