24 juillet 2026

Bluesky débarque sur Android, et l’exode loin de Twitter s’accélère

Pendant qu’Elon Musk multiplie les décisions qui agacent une partie des utilisateurs de Twitter, les alternatives se positionnent. L’une d’elles porte une signature inattendue : celle de Jack Dorsey, cofondateur et ancien patron de Twitter lui-même. Son projet s’appelle Bluesky, et il vient de franchir une étape importante en débarquant sur Android en avril 2023, un mois après son arrivée sur iPhone.

L’idée de Bluesky ne date pas d’hier. Dorsey l’avait annoncée dès 2019, alors qu’il dirigeait encore Twitter. Le principe : bâtir un réseau social décentralisé, un internet social qui ne dépendrait pas d’une seule entreprise toute-puissante. Le projet a d’abord été financé par Twitter avant de prendre son indépendance en 2022, au moment précis où Elon Musk mettait la main sur l’oiseau bleu. Une émancipation au timing presque symbolique.

Sur le papier, Bluesky ressemble beaucoup à Twitter, et c’est assumé. On y retrouve un fil de messages courts, des publications, une interface familière à quiconque a déjà utilisé le réseau historique. La grande différence se joue sous le capot : l’architecture décentralisée promet de donner plus de choix aux utilisateurs et de les libérer de la dépendance à une plateforme unique. L’utilisateur garderait davantage la main sur ce qu’il voit et sur la manière dont ses données circulent.

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Pour l’heure, l’accès reste volontairement très fermé. Bluesky fonctionne uniquement sur invitation. Il faut soit s’inscrire sur une liste d’attente, soit recevoir un code de la part d’un membre déjà présent. Cette rareté organisée fait grimper la curiosité, et les codes d’invitation se sont mis à circuler comme des sésames convoités. Au moment de son arrivée sur Android, l’application était encore en version bêta et ne comptait qu’environ 25 000 utilisateurs, un chiffre minuscule à l’échelle des réseaux établis.

Le service est aussi loin d’être complet. Plusieurs fonctions de base manquaient encore à l’appel, à commencer par les messages privés, pourtant incontournables sur un réseau social moderne. Bluesky avance donc à pas comptés, en construisant son audience petit à petit plutôt qu’en ouvrant les vannes d’un coup, au risque sinon de crouler sous l’afflux et de ne pas tenir la charge.

Cette stratégie de la rareté a ses limites. Un réseau social ne vaut que par le nombre de gens qu’on y retrouve, et 25 000 utilisateurs, c’est un village comparé aux centaines de millions de Twitter. Mais le contexte joue en faveur des prétendants. Chaque polémique autour de Musk pousse des mécontents à chercher ailleurs, et avoir Jack Dorsey aux commandes offre à Bluesky une crédibilité que peu de concurrents peuvent revendiquer. L’arrivée sur Android élargit mécaniquement le terrain de jeu, puisque le système de Google équipe l’écrasante majorité des smartphones dans le monde. Reste à transformer la curiosité en habitude, le vrai défi de tout réseau qui débute.

Crédit photo : DR

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