25 juin 2026

Le « payez pour éviter la pub » de Meta coince avec le RGPD

Meta propose depuis quelques mois une formule simple en apparence : soit vous continuez à utiliser Facebook et Instagram gratuitement avec de la publicité, soit vous payez un abonnement et vous n’en voyez plus. Sauf que cette offre, censée mettre Meta en règle avec l’Europe, soulève à son tour des doutes sur sa conformité au RGPD.

Reprenons depuis le début. En octobre 2023, Meta a lancé cette option pour les utilisateurs de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et de la Suisse. L’abonnement coûte entre 9,99 et 12,99 euros par mois selon que vous le souscrivez sur le web ou via une application mobile. En payant, vos données ne sont plus exploitées pour vous servir de la publicité ciblée.

L’intention est claire : répondre aux décisions européennes qui interdisent à Meta de fonder toute sa pub sur les données personnelles sans un vrai consentement. Le problème, c’est que faire payer pour ne plus être pisté revient à poser la question autrement : votre vie privée, ou votre argent ? Et plusieurs autorités estiment que ce choix-là n’a rien d’un consentement libre.

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Il faut rappeler le contexte. Meta enchaîne les sanctions en Europe. La Commission irlandaise de protection des données, qui chapeaute le groupe sur le continent, lui a déjà infligé des amendes se chiffrant en centaines de millions d’euros pour diverses infractions au RGPD. La pression est constante pour que l’entreprise revoie sa façon de traiter les données à des fins publicitaires.

Le cas de Threads illustre bien la difficulté. Quand Meta a lancé son concurrent de Twitter en juillet 2023, l’application n’est tout simplement pas sortie dans l’Union européenne. La raison ? Ses pratiques de traitement des données ne collaient pas avec les règles européennes. Plutôt que de risquer une sanction, Meta a préféré attendre avant de proposer Threads aux Européens.

Au fond, tout cela traduit le bras de fer permanent entre le modèle économique des géants du web, qui repose sur la publicité, et les exigences européennes en matière de protection des données. Meta cherche une formule qui lui permette de continuer à gagner de l’argent sans se mettre l’Europe à dos. Pour l’instant, chaque tentative finit sur le bureau d’un régulateur. Et l’abonnement payant, présenté comme la solution, pourrait bien devenir le prochain dossier épineux.

Crédit photo : DR

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