7 juillet 2026

Twitter Blue passe à l’échelle mondiale : ce que vaut vraiment l’abonnement

Twitter Blue n’est plus réservé à une poignée de pays. L’abonnement payant du réseau social, jusqu’ici limité à une cinquantaine de territoires, est désormais accessible dans le monde entier. Tout le monde peut donc souscrire, à condition d’y mettre le prix. Et c’est bien là que les choses se corsent.

Côté tarif, Twitter applique une grille à deux vitesses. Depuis un navigateur web, l’abonnement coûte 8 euros par mois, ou 7 euros par mois si vous optez pour la formule annuelle, soit 84 euros sur l’année. Mais si vous passez par l’application iPhone, la facture grimpe à 11 euros mensuels, ou 114,99 euros à l’année. Cette différence n’a rien d’anodin : elle s’explique par la commission qu’Apple prélève sur tous les achats réalisés via l’App Store, et que Twitter répercute purement et simplement sur l’utilisateur. Mieux vaut donc s’abonner depuis un ordinateur pour faire des économies.

Qu’obtient-on concrètement en échange ? Le fameux badge bleu de vérification, devenu le symbole du service, mais aussi une série de fonctionnalités. Les abonnés bénéficient d’un classement prioritaire dans les conversations et les recherches, de deux fois moins de publicités, de la possibilité de publier des tweets beaucoup plus longs allant jusqu’à 4000 caractères, de dossiers de signets pour organiser leurs favoris, d’une navigation personnalisée et de vidéos en 1080p. On retrouve aussi le bouton tant réclamé permettant de modifier un tweet jusqu’à cinq fois dans les trente minutes suivant sa publication, ainsi qu’une option pour annuler l’envoi avant publication.

Elon Musk, la biographie par Walter Isaacson

Pour décrypter la logique derrière les décisions à la Twitter Blue, la biographie de référence éclaire le personnage :

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Mais le vrai changement se joue ailleurs. À compter du 1er avril, l’ancien programme de vérification disparaît. Concrètement, toutes ces coches bleues attribuées historiquement aux personnalités, journalistes, institutions et marques pour garantir leur authenticité vont s’évaporer. Pour conserver le badge, plus le choix : il faudra désormais payer. Ce basculement, voulu par Elon Musk, transforme un outil de confiance en simple produit d’abonnement. N’importe qui peut afficher la coche bleue contre quelques euros, ce qui brouille totalement le repère qu’elle représentait.

Le risque est évident. Si la pastille ne distingue plus les comptes authentifiés mais simplement les comptes payants, comment savoir si l’on suit le vrai compte d’une personnalité ou un imitateur prêt à débourser huit euros ? Les premiers tests du service avaient d’ailleurs viré au fiasco, avec une vague de faux comptes vérifiés se faisant passer pour des entreprises ou des célébrités. Twitter avait dû suspendre l’offre en urgence avant de la relancer.

Pour Elon Musk, l’enjeu est limpide : faire payer les utilisateurs pour diversifier des revenus aujourd’hui ultra-dépendants de la publicité. La généralisation mondiale de Twitter Blue est une pièce maîtresse de cette stratégie. Reste à savoir si le grand public suivra, ou si l’abonnement restera l’apanage d’une frange d’utilisateurs très engagés. Car payer pour un badge qui ne garantit plus grand-chose, tout le monde n’y voit pas forcément l’intérêt.

Crédit photo : DR

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