1 juillet 2026

Meta veut entraîner son IA avec vos photos, onze plaintes tombent en Europe

Meta a prévenu ses utilisateurs européens : à partir du 26 juin, l’entreprise compte se servir de leurs publications, photos et données de suivi en ligne pour nourrir ses modèles d’intelligence artificielle. Sauf opposition explicite. La réaction n’a pas tardé.

L’association autrichienne noyb, fondée par le militant Max Schrems, a déposé onze plaintes le même jour devant les autorités de protection des données de onze pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Grèce, Irlande, Italie, Norvège, Pays-Bas et Pologne.

Le reproche est simple. Pour Schrems, Meta s’arroge le droit d’utiliser « n’importe quelle donnée, de n’importe quelle source, pour n’importe quel usage, et de la mettre à disposition de n’importe qui dans le monde ». Le tout via une formule volontairement floue : « la technologie d’IA ».

Le coeur du problème, c’est la base légale invoquée. Plutôt que de demander votre consentement, comme le prévoit normalement le RGPD, Meta s’appuie sur son « intérêt légitime ». En clair, l’entreprise décide seule que son besoin d’entraîner ses IA passe avant votre droit à la vie privée.

Le résultat, c’est un système inversé. Au lieu de cocher une case pour accepter, l’utilisateur doit aller chercher un formulaire d’opposition pour refuser. Et noyb souligne que rien ne garantit la suppression effective des données déjà absorbées par les modèles.

Seuls les messages privés échangés entre utilisateurs échapperaient à la moulinette. Tout le reste, posts publics, images publiées depuis des années, traces de navigation, devient potentiellement matière première.

Cette annonce a aussi eu un effet collatéral inattendu. Cara, une plateforme pensée pour les artistes opposés à l’IA générative, a vu sa fréquentation exploser. De 40 000 à 650 000 utilisateurs en quelques jours. Son créateur, la photographe Jingna Zhang, n’imaginait pas un tel afflux.

Le timing n’aide pas Meta. L’entreprise a déjà un lourd historique de contentieux européens sur les données, et Max Schrems est précisément celui qui a fait tomber deux accords de transfert de données entre l’Europe et les États-Unis. Autant dire qu’il connaît le terrain.

Reste à voir comment réagiront les autorités nationales. Une suspension du dispositif avant le 26 juin n’est pas exclue, le temps de trancher sur la légalité de cet « intérêt légitime » version IA. En attendant, si vous tenez à vos photos, le formulaire d’opposition existe. Encore faut-il le trouver.

Crédit photo : DR

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