Pendant que Donald Trump rêve d’iPhone assemblés sur le sol américain, la réalité industrielle prend une autre direction. Foxconn, le principal sous-traitant d’Apple, vient de valider une nouvelle implantation en Inde, dans l’État de l’Uttar Pradesh. Une étape de plus dans la lente sortie de la dépendance à la Chine.
Le projet n’a rien d’anecdotique. Il s’agit d’une coentreprise entre Foxconn et le groupe indien HCL, validée à hauteur de 433 millions de dollars d’argent public. L’usine doit produire jusqu’à 36 millions de puces d’affichage par an, avec une capacité de 20 000 plaquettes mensuelles. Mise en service prévue en 2027.
Pour l’instant, le site se concentrera sur l’assemblage et le test de puces, pas sur la fabrication de semi-conducteurs à proprement parler. Le ministre indien Ashwini Vaishnaw a tout de même laissé entendre que l’activité monterait en gamme à terme. L’Inde veut clairement se positionner comme l’alternative crédible à l’atelier du monde chinois.
C’est précisément ce qui agace l’occupant de la Maison Blanche. Trump a critiqué sans détour la production d’iPhone en Inde, estimant que les États-Unis devraient être servis en premier. Sa logique tient en une phrase : si Apple vend ses téléphones aux Américains, autant qu’ils soient fabriqués chez eux.
Quel que soit le pays d’assemblage, votre iPhone mérite une bonne protection.
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Le souci, c’est que transposer les chaînes d’assemblage chinoises aux États-Unis relève du casse-tête. Il manque la main-d’œuvre qualifiée disponible en masse, les coûts y sont incomparables, et l’écosystème de fournisseurs construit en Asie sur des décennies ne se recopie pas en quelques mois. Les experts du secteur le répètent depuis des années.
Apple, de son côté, joue la montre et la diversification. Plutôt que de mettre tous ses œufs dans le même panier, la marque répartit progressivement sa production entre la Chine, l’Inde et le Vietnam. Une stratégie de prudence face aux tensions commerciales et aux menaces de droits de douane qui planent en permanence.
Pour l’internaute, tout ça reste invisible au moment de déballer son téléphone. Mais ces arbitrages géopolitiques pèsent sur les délais, sur les prix et sur la disponibilité des modèles. La mention « Assembled in India » risque de devenir aussi banale que le vieux « Made in China » qu’on connaît tous.
Reste à voir si la pression de Trump finira par infléchir la trajectoire. Pour le moment, le béton coule en Inde, pas dans l’Ohio.
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