La guerre des talents dans l’IA a pris une tournure assez folle, et OpenAI vient de répliquer avec des moyens à la hauteur. Face au débauchage agressif mené par Meta, l’entreprise de Sam Altman a décidé de verser des primes exceptionnelles à ses chercheurs et ingénieurs les plus précieux. Montant qui peut grimper à plusieurs millions de dollars par personne.
Dans un message interne révélé par la presse, Sam Altman a confirmé que les équipes de plusieurs divisions stratégiques bénéficieraient de ce bonus. On parle de l’ingénierie appliquée, du passage à l’échelle des modèles et de la sécurité. Bref, les pôles que l’entreprise ne veut surtout pas voir partir chez la concurrence.
Le montant varie selon le poste et l’ancienneté. Il peut atteindre plusieurs millions de dollars pour les chercheurs les plus convoités, et quelques centaines de milliers pour la plupart des ingénieurs. Les sommes seront versées trimestriellement sur deux ans, avec la possibilité de choisir entre du cash, des actions OpenAI, ou un mélange des deux. Environ 1 000 salariés sont concernés, soit à peu près un tiers des effectifs de l’entreprise.
Pourquoi cette débauche de moyens ? Parce qu’en face, Meta a sorti l’artillerie lourde. Mark Zuckerberg veut bâtir une équipe d’élite autour de la superintelligence, et il y met le prix. Des primes à la signature de 100 millions de dollars ont circulé, des chiffres qui paraissent irréels mais qui reflètent la valeur que ces entreprises accordent à une poignée de cerveaux.
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Et ça marche, au moins en partie. Meta aurait contacté une centaine d’employés d’OpenAI, et réussi à en débaucher au moins une dizaine. Parmi les départs marquants, celui de Shengjia Zhao, l’un des artisans de ChatGPT, parti rejoindre Meta comme directeur scientifique. De quoi faire mal au moral des troupes restées en place.
Ce duel à coups de millions raconte quelque chose de plus large sur l’état du secteur. Les modèles d’IA les plus performants ne tiennent qu’à un petit nombre de personnes capables de les concevoir et de les améliorer. Ces profils valent désormais plus cher que des équipes entières dans d’autres industries, ce qui crée une bulle salariale assez vertigineuse.
Reste à voir si l’argent suffira à fidéliser les meilleurs. Certains chercheurs restent par conviction, attachés à la mission ou au projet sur lequel ils travaillent. D’autres suivront le plus offrant, tout simplement. Et tant que Meta, Google, Anthropic et les autres se livreront cette surenchère, les salaires continueront de s’envoler.
Une chose est certaine, dans cette course à l’IA, le nerf de la guerre n’est plus seulement la puissance de calcul. C’est aussi, et peut-être surtout, la capacité à garder ses meilleurs talents à bord.
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