Perplexity, le moteur de recherche dopé à l’intelligence artificielle, vient de conclure un accord de licence pluriannuel avec Getty Images. Concrètement, la startup obtient le droit d’afficher les photos du catalogue de l’agence dans ses outils de recherche et de découverte. En contrepartie, elle s’engage à créditer systématiquement les images et à renvoyer vers leur source d’origine. Une mise au clair bienvenue pour une entreprise régulièrement pointée du doigt pour sa gestion du droit d’auteur.
L’accord, annoncé fin octobre 2025, est mondial et s’appuie sur la technologie d’API de Getty Images. Chaque visuel affiché par Perplexity sera accompagné du crédit de son auteur et d’un lien cliquable renvoyant directement vers la fiche correspondante sur le site de l’agence. L’objectif affiché est d’offrir aux utilisateurs une expérience visuelle plus riche, avec des photos créatives et éditoriales de qualité, tout en respectant le travail des photographes.
Ce rapprochement n’arrive pas par hasard. Perplexity traîne derrière elle une réputation sulfureuse en matière de propriété intellectuelle. La société a fait l’objet de plusieurs poursuites pour violation de droits d’auteur et a souvent été accusée d’aspirer des contenus sans autorisation pour alimenter ses réponses. Signer avec une agence aussi établie que Getty, c’est une façon de redorer son image et de montrer qu’elle peut jouer selon les règles.
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Du côté de Getty Images, l’opération a été accueillie avec enthousiasme. L’annonce a fait bondir l’action de l’agence de près de 50 % en bourse, signe que les investisseurs voient dans ce type de partenariat une voie d’avenir. Plutôt que de subir l’essor de l’IA comme une menace, Getty choisit de monétiser son immense catalogue auprès des acteurs du secteur. L’agence se positionne ainsi comme un fournisseur légitime de contenus pour les moteurs de recherche nouvelle génération.
L’accord illustre une tendance de fond. Après les années de tensions entre détenteurs de droits et entreprises d’IA, qui se sont servies massivement dans les contenus disponibles en ligne, on assiste à une vague de régularisations. Plutôt que de s’affronter devant les tribunaux, certains préfèrent désormais s’entendre sur des licences. Pour les ayants droit, c’est une source de revenus. Pour les startups, une manière de sécuriser leur activité.
Reste à savoir si ce modèle va se généraliser. Tous les éditeurs n’ont pas le poids de Getty pour négocier, et beaucoup de contenus continuent d’être exploités sans contrepartie. Mais l’accord Perplexity-Getty montre qu’un terrain d’entente est possible. Pour les photographes, voir leurs images créditées et leur travail rémunéré reste la meilleure des nouvelles, après des années où l’IA s’est servie sans demander la permission.
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