Disney franchit une ligne que beaucoup pensaient infranchissable. Le groupe a annoncé en décembre 2025 un accord avec OpenAI prévoyant un investissement d’un milliard de dollars, doublé de l’autorisation d’utiliser plus de 200 personnages emblématiques dans Sora, l’outil de génération de vidéos par intelligence artificielle. Mickey, Minnie et des centaines d’autres figures iconiques deviennent ainsi matière à création automatisée.
Le périmètre est vertigineux. L’accord, prévu pour trois ans, ouvre le catalogue de plusieurs marques du groupe : des héros de films récents comme Zootopie, Vaiana ou Encanto, mais aussi des figures de l’univers Star Wars et Marvel, à l’image de Luke Skywalker, Deadpool ou Captain America. Les utilisateurs auraient pu générer des vidéos inspirées de ces personnages directement via Sora et ChatGPT, avec un lancement annoncé pour le début 2026.
Pour Disney, l’enjeu était de reprendre la main sur un terrain qui lui échappait. Depuis le lancement de Sora, les personnages du groupe se retrouvaient déjà détournés dans des vidéos générées sans aucune autorisation. Plutôt que de mener une guerre juridique sans fin, le studio a choisi d’encadrer l’usage de son patrimoine et d’en tirer une rente, tout en gardant un droit de regard sur ce qui se fabrique. Une façon de transformer un problème de piratage en source de revenus.
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L’accord n’a pourtant rien d’anodin pour le secteur créatif. Confier les personnages les plus protégés du divertissement mondial à une machine, c’est ouvrir une brèche que les artistes, scénaristes et animateurs observent avec une vraie inquiétude. Beaucoup y voient le signe que les studios sont prêts à automatiser une partie de la création, au risque de fragiliser des métiers entiers. Le débat sur la place de l’IA dans la fabrication des contenus n’a jamais semblé aussi concret.
Sauf que l’histoire a connu un retournement spectaculaire. Le 24 mars 2026, OpenAI a annoncé la fermeture de Sora, son outil de génération vidéo. Du coup, le milliard de dollars envisagé par Disney n’a jamais été investi, le contrat n’ayant tout simplement pas été finalisé. Ce qui devait marquer un tournant historique s’est évaporé en quelques semaines, laissant l’accord à l’état de promesse jamais tenue.
Reste une certitude : la simple existence de cet accord en dit long sur l’époque. Que Disney, gardien jaloux de ses licences, ait sérieusement envisagé de livrer Mickey à une IA générative montre à quel point les lignes bougent. L’épisode Sora s’est refermé plus vite que prévu, mais l’idée, elle, est désormais sur la table. Et rien ne dit qu’un autre acteur ne reprendra pas le flambeau.
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