Meta vient d’ajouter un onglet de recherche d’un nouveau genre à Facebook. Baptisé AI Mode, il a été annoncé le 15 juin 2026 et se glisse directement dans la barre de recherche que vous connaissez déjà.
Le principe est simple. Au lieu de vous renvoyer une liste de liens et de profils, l’outil vous donne une réponse rédigée, comme le ferait ChatGPT. Vous posez une question en langage courant, et Facebook vous répond en une synthèse, avec la possibilité d’enchaîner sur une question de suivi dans la même conversation.
Là où ça devient intéressant, c’est la matière première. Pour construire ses réponses, AI Mode pioche dans le contenu public de l’écosystème Meta : les posts Facebook publics, les discussions de Groupes et les Reels. Autrement dit, ce que des gens ont publié pour de vrai, et pas seulement des pages web officielles. Cherchez un bon restaurant ou un avis sur une poussette, et la machine vous résume ce que la communauté en dit.
Le moteur sous le capot s’appelle Muse Spark, le premier modèle signé Meta Superintelligence Labs, présenté en avril dernier. AI Mode ne remplace rien : il s’affiche à côté des onglets habituels comme Personnes ou Marketplace, sans application supplémentaire à installer.
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Reste un point qui fâche, et il est de taille. Cette base de connaissances, c’est vous. Si vous avez posté quelque chose en public sur Facebook, dans un Groupe ouvert ou via un Reel, ce contenu peut désormais nourrir les réponses de l’IA. Et pour l’instant, aucune case à cocher, aucun bouton pour dire non n’a été communiqué. Le marché implicite est limpide : public un jour, donnée d’entraînement toujours.
Le risque est connu, on l’a déjà vu avec le mode IA de Google. Une synthèse rassure parce qu’elle a l’air sûre d’elle, sauf qu’elle peut très bien recracher une information périmée, sortie de son contexte ou carrément fausse, glanée dans un commentaire de 2019. La réponse semble nette, sa source l’est beaucoup moins.
En France et en Europe, la question de l’encadrement va vite se poser. Entre le RGPD et le DSA, réutiliser des publications personnelles pour entraîner et alimenter un moteur sans option de retrait claire risque de ne pas passer comme une lettre à la poste. À surveiller, donc, avant de chercher votre prochaine info sur Facebook.
Crédit photo : Meta
