2 juillet 2026
Visuel officiel WhatsApp présentant la fonctionnalité de nom d'utilisateur

WhatsApp vous laisse enfin cacher votre numéro, mais l’Inde a déjà tiré le frein

Depuis le 29 juin, WhatsApp permet de réserver un nom d’utilisateur unique, entre 3 et 35 caractères. L’idée est simple : discuter avec quelqu’un sans lui donner son numéro de téléphone. Un truc que Telegram, Signal ou Instagram proposent depuis des années, et que la messagerie de Meta rechignait à ajouter.

Sur le papier, c’est une vraie avancée pour la vie privée. Votre numéro, c’est une donnée sensible, celle qui vous suit partout, qui atterrit dans des fuites et qui sert aux démarcheurs. Pouvoir le garder pour soi et se contenter d’un pseudo, beaucoup l’attendaient.

Meta a prévu quelques garde-fous. Pas d’annuaire public où fouiller les pseudos : pour vous écrire, il faut connaître le vôtre exactement. Une « clé de nom d’utilisateur » ajoute une protection sur les premiers messages. Et les noms de personnalités, d’institutions et de comptes vérifiés ont été gelés d’avance, histoire d’éviter les usurpations les plus grossières.

Sauf que voilà, tout le monde n’applaudit pas. L’Inde a demandé à Meta de suspendre le déploiement, à peine deux jours après son ouverture. New Delhi donne trois jours à l’entreprise pour s’expliquer, ce qui est du jamais-vu : c’est la première fois que le pays bloque une grosse fonctionnalité grand public avant même sa généralisation.

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La crainte des autorités, c’est la fraude. En cachant les numéros, on retire aussi la petite vérification que beaucoup font machinalement avant d’accorder leur confiance à un contact. Les officiels indiens redoutent une explosion des faux comptes qui imitent des banques, des administrations ou des proches, et surtout les fameuses arnaques au « digital arrest », ces fausses arrestations à distance où des escrocs se font passer pour des policiers ou des juges pour extorquer de l’argent.

L’Inde est un cas particulier, avec plus de 500 millions d’utilisateurs et un pays déjà miné par les escroqueries en ligne. Mais la question qu’elle pose vaut aussi pour nous. Un pseudo protège votre numéro des inconnus, d’accord, mais il facilite aussi la tâche de celui qui veut se planquer derrière un faux nom.

En France, la fonction arrive comme partout, sans blocage réglementaire pour le moment. On verra si les garde-fous de Meta tiennent la route une fois lâchés à l’échelle du milliard d’utilisateurs. Parce qu’entre protéger les honnêtes gens et offrir un nouveau terrain de jeu aux arnaqueurs, la frontière est vraiment mince.

Crédit photo : WhatsApp

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