12 septembre 2026
Le logo papillon bleu de Bluesky sur fond blanc

Bluesky vous laisse fabriquer votre propre algorithme en discutant avec une IA

Sur TikTok, Instagram ou X, c’est la plateforme qui décide ce que vous voyez. Bluesky, le réseau social qui ressemble à l’ancien Twitter, prend le problème dans l’autre sens avec Attie, une application maison qui vous laisse construire votre fil vous-même. Pas en bidouillant du code, juste en discutant.

Le principe est simple. Vous ouvrez Attie, vous tapez ce que vous voulez voir, et l’assistant fabrique un fil sur mesure. Genre « montre-moi les publications sur l’astronomie mais sans les débats politiques », et l’algorithme se règle tout seul. Plus besoin d’être développeur pour ça. En interne, l’application s’appuie sur Claude, l’IA d’Anthropic, et sur l’AT Protocol, la plomberie ouverte qui fait tourner Bluesky. L’intérêt de ce protocole, c’est qu’Attie ne se limite pas à Bluesky : il peut aller piocher dans n’importe quelle application bâtie sur la même base.

Lancé en mars dernier lors de la conférence Atmosphere, d’abord en bêta privée, Attie a depuis pris de l’ampleur. La grosse nouveauté, c’est une fonction baptisée Quests. Là, on ne se contente plus de trier son fil : on pose des questions ouvertes au réseau tout entier. Vous voulez connaître les sujets qui montent du moment, ou repérer les comptes les plus influents dans un domaine précis ? Attie va fouiller ce que Bluesky surnomme l’« Atmosphere », l’ensemble des données qui circulent sur le réseau, et vous ramène une réponse.

La dictature des algorithmes

Pour creuser la question de qui décide vraiment ce qu’on voit en ligne, le livre de Jean-Lou Fourquet et Lê Nguyên Hoang est un bon point de départ.

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Derrière, il y a une petite philosophie que Bluesky assume. « L’IA devrait servir les gens, pas les plateformes », résume Jay Graber, sa responsable de l’innovation. L’idée, c’est de remettre la main sur son propre algorithme plutôt que de subir celui d’un géant qui cherche surtout à vous garder scotché le plus longtemps possible. Toni Schneider, le directeur par intérim, insiste d’ailleurs sur un point : Attie est un produit séparé, pas un simple module greffé dans l’app Bluesky.

Le service est gratuit pour le moment, mais l’entreprise ne cache pas qu’elle réfléchit à le faire payer un jour, via un abonnement ou de l’hébergement. Bluesky, qui revendique 45,6 millions de comptes et a levé 100 millions de dollars l’an dernier, a de quoi voir venir.

Reste une vraie question de fond : combien d’internautes ont réellement envie de régler leur algorithme à la main, quand la majorité se contente très bien de ce qu’on leur sert ? La promesse, elle, est plutôt intéressante sur le papier.

Crédit photo : Wikimedia Commons

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