Tout est parti d’une image. Un grand félin dégingandé, coiffé du chapeau rayé de Dr. Seuss, planté la nuit dans une allée résidentielle, le regard fixe. Le personnage n’existe pas, il est entièrement fabriqué par un générateur d’images. Et pourtant, depuis la dernière semaine d’août, des dizaines de comptes ont inondé TikTok, Facebook et Instagram de ces clips où la créature rôde dans les rues, s’accroupit sur une voiture ou colle son visage à une fenêtre.
La mécanique est toujours la même. On ajoute une légende géolocalisée, « verrouillez vos portes à Sheffield », « aperçu à Whitby », et le doute s’installe chez les habitants du coin. Le personnage enfantin devient un tueur qui traîne dans le quartier. Certaines vidéos ont même annoncé de faux rassemblements dans les bois pour venir le rencontrer.
Le truc a pris une telle ampleur que la police s’en est mêlée, ce qui n’arrive pas tous les jours pour un chat en peluche imaginaire. La South Yorkshire Police a dû publier un communiqué, vu des centaines de milliers de fois, pour préciser noir sur blanc qu’elle n’avait reçu aucun signalement concernant un chat au chapeau à Meadowhall, ni nulle part ailleurs dans le comté. En Irlande, la Garda a choisi l’humour en jurant que le Cat in the Hat n’était ni dans votre allée pendant votre absence, ni planqué du côté de Curracloe.
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Derrière la blague, il y a de vraies frousses. Une adolescente de 16 ans a raconté à la BBC qu’après avoir regardé ces vidéos de chat tueur lors d’une soirée pyjama, elle a eu tellement peur qu’elle a appelé sa mère pour venir la chercher. Le phénomène a fini par traverser l’Atlantique, avec des responsables du Tennessee et du Kentucky qui se sont sentis obligés de vérifier ces mêmes images.
Ce qui frappe, c’est la vitesse. Il suffit désormais de quelques secondes et d’un prompt pour fabriquer une scène nocturne crédible, la coller sur un nom de ville réel, et regarder l’algorithme faire le reste. Les plateformes, elles, laissent tourner. On rigole du chat à moitié, mais la même recette appliquée à autre chose qu’un personnage de Dr. Seuss donnerait des dégâts bien moins drôles. Et c’est ça, le vrai sujet.
Crédit photo : Illustration générée par IA
