9 juillet 2026
Un adolescent seul dans la pénombre face au flux infini de son smartphone, devant la silhouette d'un palais de justice

Quatre États réclament à Meta 1 400 milliards de dollars, soit à peu près toute sa valeur en Bourse

C’est Meta qui a lâché le chiffre, dans une écriture déposée devant un tribunal fédéral californien. La Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey réclament 1 400 milliards de dollars de pénalités au groupe de Mark Zuckerberg. Pour situer, Meta pèse environ 1 500 milliards en Bourse.

L’affaire arrive le 12 août à Oakland, devant la juge Yvonne Gonzalez Rogers. Les quatre États accusent Facebook et Instagram d’avoir été conçus pour accrocher les adolescents, puis d’avoir menti au public sur la nocivité de ces mécanismes. S’y ajoute une accusation de collecte de données sur des enfants sans le consentement des parents, au titre du COPPA, la loi fédérale américaine qui encadre la vie privée des mineurs en ligne.

D’où sort ce montant vertigineux ? Les États ont pris le nombre estimé de jeunes utilisateurs touchés, l’ont assimilé à autant d’infractions, puis ont multiplié par l’amende unitaire prévue dans chacune de leurs lois de protection du consommateur. Le mécanisme est simple, presque comptable. Le résultat l’est beaucoup moins.

Meta trouve le calcul délirant et le dit sans détour : « Une sanction de cette taille n’a aucun équivalent dans l’histoire du droit de la consommation. » Les avocats du groupe affirment n’avoir trouvé aucune décision, dans aucun contentieux, condamnant une entreprise à plus de mille milliards. Ils avancent aussi un argument plus glissant : l’addiction aux réseaux sociaux n’est pas une pathologie psychiatrique reconnue. Techniquement, c’est vrai. Ça ne dit rien de ce que fait un fil qui ne s’arrête jamais à un cerveau de treize ans.

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Si le sujet vous intéresse, c’est le livre qui a mis le feu au débat sur les ados et les réseaux sociaux, et qui est cité un peu partout dans ce genre de procès.

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Ce procès n’est que la partie visible. Une trentaine d’États poursuivent Meta au fédéral, quatorze autres ont des demandes comparables programmées pour le début de l’année prochaine, et plus de 3 000 dossiers du même genre attendent devant la justice californienne. Le groupe avait tenté de faire rejeter le volet addiction. Il a échoué.

Personne ne croit sérieusement que Meta signera un chèque de 1 400 milliards. Ce genre de chiffre sert surtout à poser un plafond avant négociation, et le jury qui siégera en août n’aura qu’un rôle consultatif : la juge ne sera pas obligée de suivre son avis.

Mais qu’on discute publiquement d’une somme équivalente à la valeur totale de l’entreprise en dit beaucoup sur là où on en est. L’Europe, elle, attaque le problème par l’autre bout : la France pousse pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, quand les États américains, eux, chiffrent les dégâts une fois qu’ils sont faits.

Crédit photo : Illustration générée par IA

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