Si vous avez ouvert Facebook ou Instagram le 7 novembre 2023, vous avez peut-être vu passer une notification un peu inhabituelle. Meta y annonçait l’arrivée d’une formule payante, sans la moindre publicité. C’est une première pour des plateformes qui ont bâti tout leur empire sur la pub gratuite.
Le principe est simple. Vous payez, et en échange votre fil d’actualité n’affiche plus aucune réclame. L’abonnement tourne autour de 9,99 euros par mois quand on le souscrit depuis un navigateur web. Sur mobile, via les boutiques d’applications d’Apple et Google qui prennent leur commission, l’addition grimpe forcément un peu.
Et il y a un détail qui pique. Cet abonnement couvre Facebook et Instagram sur un compte. Mais à partir de mars 2024, Meta prévoit de facturer un supplément d’environ 6 à 7 euros par compte additionnel rattaché au même utilisateur. Autrement dit, si vous gérez plusieurs profils liés, la facture peut vite gonfler.
Pourquoi Meta se lance là-dedans maintenant ? Ce n’est pas vraiment par générosité envers les allergiques à la pub. C’est surtout une réponse aux régulateurs européens. Bruxelles serre la vis sur l’exploitation des données personnelles, et le RGPD encadre de plus en plus strictement la publicité ciblée. En proposant une alternative payante, Meta tente de se mettre en règle : soit vous acceptez la pub et le ciblage, soit vous payez pour y échapper. C’est ce qu’on appelle le modèle « pay or consent », et il est loin de faire l’unanimité auprès des associations de défense de la vie privée.
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Il faut aussi rappeler le contexte. La pub reste de loin la première source de revenus de Meta, et l’entreprise cherche depuis un moment à diversifier ses entrées d’argent. Lancer un abonnement, c’est tester une autre façon de gagner sa vie quand le marché publicitaire vacille et que la pression réglementaire monte.
Reste la question des mineurs. Le RGPD impose un consentement parental pour le traitement des données des plus jeunes, avec un seuil qui varie selon les pays, entre 13 et 16 ans. Avec ce nouveau système, Meta va devoir prouver que les ados ne sont pas pistés sans accord de leurs parents. Sur le papier c’est clair, en pratique la vérification de l’âge reste un vrai casse-tête pour toutes les plateformes.
Au final, c’est un changement de cap symbolique. Pendant des années, le deal était limpide : on vous offrait le service, vous étiez le produit. Aujourd’hui, Meta vous propose de payer pour redevenir un simple client. Reste à voir combien d’utilisateurs sortiront vraiment la carte bleue plutôt que de continuer à scroller au milieu des pubs.
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