Depuis le 2 août, un nouveau bouton est apparu sur quelques sites : « Se connecter avec ChatGPT ». Vous connaissez déjà « Se connecter avec Google » ou « avec Apple », ces petits raccourcis qui vous évitent de créer un énième mot de passe. Eh bien OpenAI veut désormais la même place, et pas juste pour vous faire gagner dix secondes.
C’est le premier système d’identité maison de l’entreprise, encore en bêta. L’idée est simple : votre compte ChatGPT devient votre carte d’identité en ligne. Vous cliquez, le site partenaire récupère trois infos (votre nom, votre adresse mail et votre photo de profil) et vous voilà connecté, sans nouveau compte à retenir.
Pour l’instant, ça se limite à six services, et pas n’importe lesquels : Airtable, GitLab, HubSpot, Notion, Supabase et Vercel. Que des outils de développeurs et de travailleurs du numérique. Autrement dit, OpenAI commence par le public qui utilise déjà ChatGPT à longueur de journée, celui qui a le plus de chances de cliquer sans réfléchir.
Sur Vercel, par exemple, l’option « Continue with ChatGPT » s’affiche à côté des méthodes habituelles, et les règles de sécurité de l’équipe, comme la double authentification ou le SSO, continuent de s’appliquer. Rien de révolutionnaire côté technique : c’est du OAuth classique, la même mécanique que les autres boutons de connexion.
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Sauf que voilà, le vrai enjeu n’est pas là. En se glissant dans cette couche de connexion du web, OpenAI vient marcher sur les plates-bandes de Google, d’Apple et de Microsoft, qui se partagent ce terrain depuis des années. Celui qui tient le bouton de connexion tient une donnée précieuse : il sait quels services vous utilisez, et il devient très compliqué à déloger une fois installé un peu partout.
Et puis il y a la question qui fâche. Confier son identité numérique à une entreprise, c’est déjà le cas avec Google. La différence, c’est qu’on parle ici d’une boîte qui construit aussi le plus gros assistant IA de la planète, et qui a donc tout intérêt à savoir où et comment vous vivez sur internet.
Rien ne vous oblige à cliquer, bien sûr. Mais l’histoire de ces boutons montre une chose : une fois qu’ils sont là, on finit tous par les utiliser, un peu par flemme. À voir combien de sites afficheront celui-ci dans six mois.
Crédit photo : Wikimedia Commons
