Depuis quelques mois, Netflix va chercher les créateurs là où ils sont vraiment regardés : sur YouTube. La plateforme ne se contente plus de séries et de films, elle recrute des vedettes du web pour les installer dans son catalogue. Et ça commence à agacer sérieusement Google.
Le mouvement s’est accéléré cet été. En juillet, Netflix a signé avec plusieurs grosses chaînes YouTube, comme Rhett & Link, les Stokes Twins, Nick DiGiovanni ou Alan Chikin Chow. Certains de ces accords prévoient carrément de publier les vidéos sur Netflix le jour même de leur sortie sur YouTube. Le géant du streaming développe aussi des séries originales avec de jeunes créateurs comme Salish Matter, et il a mis 100 millions de dollars sur la table pour le podcasteur Jay Shetty.
Le 19 septembre, c’est le YouTubeur voyage Drew Binsky qui a débarqué sur Netflix. Il y publie une sélection de ses vidéos, en même temps que sur YouTube, sans exclusivité. C’est tout l’intérêt de la formule pour lui : il garde sa communauté d’origine et gagne au passage la vitrine grand public de Netflix.
Pour regarder ces vidéos de créateurs et ces podcasts filmés directement sur la télé du salon, une petite clé de streaming suffit :
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Sauf que YouTube ne compte pas laisser filer ses têtes d’affiche. D’après Bloomberg, la plateforme propose à certains créateurs plusieurs millions de dollars pour qu’ils restent fidèles et n’aillent pas déposer leurs vidéos ailleurs. Google financerait même une partie de leurs productions et leur garantirait une part des revenus tirés de ses propres partenariats de marque. À l’inverse, ceux qui signent avec Netflix se verraient écartés des grandes campagnes marketing et des événements du service.
Le message de YouTube est clair : publier ailleurs revient à faire passer sa chaîne au second plan. Le problème, c’est que les conditions de Netflix ne sont pas toujours confortables non plus. Il faut livrer ses vidéos finies à l’avance, retirer une partie des sponsors, et les accords de podcast limitent les extraits qu’on peut ensuite reposter sur YouTube.
Derrière cette bagarre, il y a une vraie question de terrain : le salon. Les vidéos de créateurs et les podcasts filmés se regardent de plus en plus sur la télé, avec un public jeune que Netflix veut capter et que YouTube n’a aucune envie de perdre. En France, ces contenus arrivent tranquillement dans le catalogue, entre deux séries. Beaucoup de créateurs accepteront sans doute de jouer sur les deux tableaux, tant que les deux camps sont prêts à payer.
Crédit photo : Netflix
