25 juillet 2026

Amazon lâche du lest face à Bruxelles pour clore deux enquêtes

Plutôt que de risquer une amende salée et un long bras de fer judiciaire, Amazon a préféré négocier. Le géant américain du commerce en ligne a accepté une série d’engagements proposés à la Commission européenne pour mettre fin à deux enquêtes antitrust qui le visaient depuis plusieurs années. Bruxelles a accepté ces concessions et les a rendues juridiquement contraignantes, ce qui referme officiellement le dossier sans qu’aucune sanction financière ne soit prononcée.

Tout part d’une enquête ouverte en juillet 2019. La Commission soupçonnait Amazon d’exploiter les données non publiques des vendeurs tiers présents sur sa place de marché pour avantager sa propre activité de distribution. En clair, l’entreprise aurait pu se servir des informations sur les ventes de ses concurrents, ceux-là mêmes qui paient pour vendre sur sa plateforme, afin d’affiner sa stratégie commerciale et de lancer des produits maison concurrents. Une position de juge et partie qui posait un sérieux problème de concurrence.

La seconde enquête portait sur deux mécanismes au cœur de l’expérience d’achat. D’abord la fameuse Buy Box, cet encadré qui s’affiche en haut d’une fiche produit et permet d’ajouter l’article au panier en un clic. Décrocher cette place est crucial, car elle concentre l’écrasante majorité des ventes. Ensuite le programme Prime, qui offre une visibilité et une livraison privilégiées. Bruxelles reprochait à Amazon de favoriser ses propres offres et les vendeurs utilisant sa logistique au détriment des autres.

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Pour répondre à ces griefs, Amazon a pris plusieurs engagements concrets. L’entreprise s’interdit d’utiliser les données non publiques des vendeurs tiers pour son activité de vente au détail. Elle s’engage aussi à traiter tous les vendeurs de manière équitable pour l’accès à la Buy Box, et même à afficher une seconde offre concurrente lorsque deux propositions diffèrent sensiblement en prix ou en délai de livraison. Côté Prime, les vendeurs pourront choisir librement leur transporteur sans être pénalisés, et Amazon ne pourra plus réserver l’accès au programme à ceux qui passent par sa propre logistique.

Ces engagements couvrent l’ensemble des places de marché actuelles et futures d’Amazon dans l’Espace économique européen. L’Italie fait exception pour les volets Buy Box et Prime, car l’autorité de concurrence italienne avait déjà imposé ses propres mesures correctives fin 2021. La durée n’est pas anodine non plus : Amazon a accepté de tenir ces engagements pendant sept ans pour Prime et l’affichage de la seconde offre, et cinq ans pour l’interdiction d’exploiter les données des vendeurs.

Pour Amazon, ce compromis a un avantage évident : il évite une amende qui aurait pu atteindre des montants colossaux, jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires mondial annuel selon les règles européennes. L’entreprise s’épargne aussi des années de procédure et une reconnaissance officielle de faute. Pour la Commission, c’est une victoire obtenue plus rapidement qu’un procès, avec des changements concrets imposés au numéro un du commerce en ligne. Reste désormais à vérifier, dans la durée, qu’Amazon respecte bien la lettre et l’esprit de ses promesses.

Crédit photo : DR

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