Il aura fallu près de deux ans, une bataille réglementaire mondiale et une concession de taille, mais Microsoft a fini par obtenir le feu vert pour racheter Activision Blizzard. Une opération à 68,7 milliards de dollars, la plus grosse jamais réalisée dans le jeu vidéo.
L’éditeur racheté n’a rien d’un inconnu. Activision Blizzard, c’est Call of Duty, mastodonte du jeu de tir, mais aussi World of Warcraft, l’un des piliers du jeu en ligne, et Candy Crush, casse-tête mobile qui a occupé des millions de pauses déjeuner. Un catalogue qui pèse lourd sur le marché.
Le dernier obstacle se trouvait au Royaume-Uni. L’autorité de la concurrence britannique, la CMA, avait d’abord bloqué l’opération en avril 2023, craignant que Microsoft ne prenne trop d’avance sur le jeu vidéo en streaming, ce marché naissant où l’on joue sans console via le cloud.
Pour lever le blocage, Microsoft a dû lâcher du lest. L’entreprise a accepté de céder les droits de diffusion en streaming des jeux d’Activision Blizzard à l’éditeur français Ubisoft. En clair, ce n’est pas Microsoft qui contrôlera la version cloud de ces titres, mais un tiers indépendant.
Le patron de la CMA a justifié ce revirement sans détour. Avec la vente à Ubisoft des droits de streaming cloud d’Activision, l’autorité estimait avoir garanti que Microsoft ne pourrait pas dominer ce marché important et en plein développement. La concession a suffi à débloquer la situation.
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Le parcours avait été semé d’embûches. Annoncée en janvier 2022, l’acquisition avait dû passer sous l’examen de nombreux régulateurs à travers le monde, des États-Unis à l’Europe. Chacun s’inquiétait de voir Call of Duty devenir une exclusivité Xbox, au détriment des joueurs PlayStation.
Aux États-Unis, l’autorité de la concurrence avait elle aussi tenté de freiner le mouvement devant les tribunaux, sans parvenir à le stopper. Microsoft avait multiplié les engagements, promettant notamment de maintenir Call of Duty sur les consoles concurrentes pendant plusieurs années.
Avec cette acquisition bouclée, Microsoft change de dimension dans le secteur. L’entreprise devenait le troisième acteur mondial du jeu vidéo en chiffre d’affaires, derrière le chinois Tencent et le japonais Sony. Une montée en puissance qui rebat les cartes face à ses grands rivaux.
L’enjeu réel dépasse les consoles. Microsoft mise depuis des années sur son service par abonnement, le Game Pass, qui donne accès à un large catalogue de jeux contre un forfait mensuel. Intégrer les titres d’Activision Blizzard à cette offre représentait un argument commercial considérable.
Le streaming de jeux restait l’autre terrain de jeu. Plutôt que d’acheter et d’installer un titre, le principe consiste à le faire tourner sur des serveurs distants et à recevoir l’image en direct, comme une vidéo. Un marché encore jeune, mais que les régulateurs prenaient déjà très au sérieux, au point d’en faire la clé du dossier.
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