28 juillet 2026

Apple voulait un siège d’observateur chez OpenAI

L’information avait de quoi surprendre en ce début juillet 2024. Apple, longtemps perçue comme méfiante envers l’intelligence artificielle générative, s’apprêtait à obtenir un fauteuil d’observateur au conseil d’administration d’OpenAI.

Le nom qui circulait était celui de Phil Schiller. L’ancien patron du marketing d’Apple, désormais à la tête de l’App Store, devait représenter la firme de Cupertino lors des réunions du conseil de l’entreprise dirigée par Sam Altman.

Un poste d’observateur, ce n’est pas un siège classique. Celui qui l’occupe assiste aux discussions, écoute les décisions stratégiques, accède aux informations sensibles, mais ne dispose ni d’un droit de vote ni d’un véritable pouvoir d’administrateur. Une oreille dans la pièce, en somme.

Cette arrivée s’expliquait par l’accord conclu quelques semaines plus tôt. Apple avait annoncé l’intégration de ChatGPT dans son écosystème, via Apple Intelligence, sa nouvelle suite de fonctionnalités dopées à l’IA. Siri pouvait déléguer certaines requêtes à ChatGPT. Logique, donc, qu’Apple veuille garder un œil sur son nouveau partenaire.

Apple aurait alors rejoint Microsoft dans cette position. Le géant de Redmond, principal investisseur d’OpenAI avec des milliards engagés, occupait déjà un poste d’observateur obtenu fin 2023.

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Sauf que l’histoire a tourné autrement. Quelques jours après ces premières informations, le scénario s’est effondré. OpenAI a finalement décidé de se passer de tout observateur extérieur à son conseil d’administration.

Microsoft a renoncé à son siège, et Apple n’a jamais pris le sien. Plutôt que d’inviter des observateurs venus des plus grandes entreprises tech de la planète, OpenAI a opté pour une nouvelle approche, avec des rencontres régulières destinées à ses partenaires stratégiques et ses investisseurs.

Difficile de ne pas y voir l’ombre des régulateurs. Aux États-Unis comme en Europe, les autorités de la concurrence scrutaient de très près les liens grandissants entre les mastodontes établis et les jeunes pousses de l’IA. Voir Apple et Microsoft installés autour de la même table qu’OpenAI aurait alimenté les soupçons d’entente et de concentration de pouvoir.

L’épisode résume bien la position d’OpenAI à l’époque. Une entreprise courtisée par les plus gros noms de la tech, mais soucieuse de ne pas donner l’impression d’être pilotée en coulisses par Apple ou Microsoft.

Pour Apple, l’affaire n’a finalement rien changé sur le fond. Le partenariat technique autour de ChatGPT est resté en place, et la firme a continué de déployer ses fonctions d’IA. Elle aura simplement perdu son fauteuil dans la salle, sans véritablement perdre l’accès à son partenaire.

Crédit photo : DR

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