L’intelligence artificielle au travail, ce n’est plus une promesse de keynote, c’est une réalité de bureau. Une étude publiée fin juin 2025 par Salesforce, menée auprès de 5 000 employés de bureau dans plusieurs pays dont la France, donne la mesure du phénomène : l’utilisation quotidienne de l’IA au travail a bondi de 233 % en l’espace de six mois. Pas en cinq ans, pas depuis l’arrivée de ChatGPT. Six mois.
Un chiffre pareil mérite qu’on s’y arrête. Il ne s’agit plus de quelques curieux qui testent un chatbot entre deux réunions, mais d’un usage qui s’ancre dans les habitudes. Et l’étude met le doigt sur deux raisons qui expliquent pourquoi les salariés s’y mettent aussi massivement.
La première, c’est la productivité. Parmi les utilisateurs réguliers d’IA, 64 % jugent leur productivité très bonne, un score nettement supérieur à celui des collègues qui s’en passent. Rien de magique là-dedans : l’IA est surtout utilisée pour obtenir rapidement des informations, automatiser les tâches répétitives et nourrir les brainstormings. Toutes ces petites corvées qui grignotent les journées sans rien apporter, en somme. Quand une machine s’en charge, il reste du temps pour le travail qui compte vraiment.
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La seconde raison est plus inattendue : la satisfaction au travail. Là, 81 % des utilisateurs d’IA déclarent une satisfaction professionnelle très bonne. Autrement dit, ceux qui travaillent avec l’IA ne sont pas seulement plus efficaces, ils sont aussi plus heureux dans leur poste. On peut y voir un lien logique : moins de tâches ingrates, moins de frustration, plus de temps pour ce qui a du sens. Difficile de bouder un outil qui rend les journées moins pénibles.
Le rapport pointe aussi un chiffre frappant : 96 % des sondés utilisent l’IA pour des tâches qu’ils n’auraient pas pu accomplir seuls. Ce n’est donc pas qu’une histoire de vitesse, c’est aussi une extension des compétences. Le salarié qui ne sait pas coder fait écrire un script, celui qui n’est pas à l’aise à l’écrit fait relire ses mails.
Faut-il pour autant tout repeindre en rose ? Pas si vite. L’étude montre une technologie ambivalente, et les questions qui fâchent restent ouvertes : que deviennent les métiers dont les tâches s’automatisent, comment vérifier ce que produit la machine, et que se passe-t-il quand tout le monde s’appuie sur les mêmes outils ? La hausse de 233 % dit une chose certaine : la phase d’adoption est derrière nous. Reste maintenant à apprendre à vivre avec, et c’est sans doute la partie la plus compliquée.
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