C’est passé presque inaperçu. Le 4 août, Meta a confirmé que les annonceurs peuvent désormais régler leurs publicités sur Facebook et Instagram en USDC, un stablecoin, c’est-à-dire une cryptomonnaie dont la valeur est calée sur le dollar américain, un jeton pour un dollar.
Dans les faits, vous connectez un portefeuille compatible, MetaMask, Coinbase ou Binance, et vous payez en USDC. Un prestataire tiers convertit la somme en monnaie locale, la reverse à Meta, et le crédit atterrit sur votre compte publicitaire. Meta insiste sur un point: l’entreprise n’émet pas, ne vend pas et ne conserve aucun stablecoin. Elle se contente de brancher des partenaires de paiement.
La nuance a son importance quand on se souvient d’où vient la maison. En 2019, Facebook lançait Libra, sa propre monnaie mondiale, rebaptisée Diem ensuite. Le projet a fait paniquer les banques centrales et les régulateurs des deux côtés de l’Atlantique, avant d’être enterré. Depuis, Zuckerberg avait rangé l’idée au placard.
Sauf que voilà, la crypto revient par la petite porte. Plus de monnaie maison, plus d’ambition de refaire le système financier: juste des jetons existants qu’on branche sur l’infrastructure de pub, la vraie machine à cash du groupe.
Si vous manipulez de l’USDC ou d’autres cryptos, un portefeuille physique reste le moyen le plus sûr de les garder à l’abri :
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Les créateurs aussi sont concernés. Plus tôt cette année, Meta s’est associé à Stripe pour en payer certains directement en USDC, via les réseaux Solana et Polygon, réputés rapides et peu coûteux. Le dispositif a d’abord été déployé aux Philippines et en Colombie, deux pays où recevoir des dollars sans passer par un virement bancaire international coûteux change vraiment la vie d’un vidéaste.
En février, Meta a redit qu’elle n’avait aucune intention de fabriquer son propre stablecoin. La leçon Libra est visiblement passée.
Et l’usage réel, dans tout ça? Payer sa pub en crypto plutôt qu’en carte bancaire, franchement, ça ne bouleverse pas grand-chose pour l’annonceur français moyen, qui a déjà une CB qui marche très bien. L’intérêt est ailleurs: pour les gros acheteurs internationaux et pour les créateurs de pays où le système bancaire local est lent ou instable, encaisser en dollars numériques évite pas mal de frictions.
En Europe, tout ça reste de toute façon encadré par le règlement MiCA sur les crypto-actifs. Meta avance donc prudemment, sans faire de bruit. On est loin des promesses tonitruantes de 2019. Et c’est sans doute mieux comme ça.
Crédit photo : Meta
